Paysages de Lambezellec en 1783

           1783, Lambezellec est encore la commune la plus étendue de Bretagne, sinon de France. Elle s'étire de la Rade aux confins de Bourg-Blanc, Milizac et Gouesnou, séparée de Saint-Pierre-Quilbignon par la Penfeld à l'Ouest et de Saint-Marc par le Vallon du Stangalar à l'Est.

          Au Sud, Brest, ville née de la volonté de Richelieu pour en faire un port de guerre à cheval sur l'estuaire de la Penfeld, commence juste à la grignoter en s'installant dans ses premières fortifications.

          Le mal être de la population devant les difficultés à y vivre, augure les idées révolutionnaires proches.

          Les paroissiens de Lambezellec, dans leur grande majorité, vivent alors isolés dans des fermes ou des petits hameaux. D'autres se regroupent sur certains centres d'intérêt comme le village de Kerinou ou celui du Moulin à Poudre qui, étant au croisement de plusieurs axes, s'industrialisent, mais surtout investissent la proche banlieue de Brest aux faubourgs de Kerabecam, de Coat-ar-Gueven, de la Villeneuve ou de la Belle Promenade. L'urbanisation de ces faubourgs va surtout se concentrer le long et à proximité de l'axe du Grand Chemin de Landerneau (Jean Jaurès) qui se dessine vers 1755, alors que sur l'étendue de son territoire, Lambezellec produisait jusqu'à présent surtout du grain de toute espèce, du lin, du foin et aussi du cidre.

          Cependant, pour se déplacer sur les terres de cette grande commune, il semble qu'il ait alors fallu faire preuve de courage, l'entreprise étant des plus risquées.

          Pour en joindre deux points, si tant est qu'ils soient un peu éloignés, il fallait mettre en œuvre une véritable expédition, presque comparable à certains parcours du risque, augmenté de données aléatoires et de dangers imprévisibles pouvant surgir à tout moment. J'en veux pour preuve un texte remarquable par les descriptions qu'il donne, les précisions qu'il apporte, une « Remontrance » faite par le Corps Politique de Lambezellec en 1783.

          Ce document découvert aux Archives Départementales du Finistère, sous la cote B-2404, donne une description très précise et aussi très pittoresque de l'état des routes et autres chemins de cette commune, aux alentours de cette fin de xviiie siècle.

                                                                                          Octobre 2017 Gérard Cissé